21 février 2010
La lutte sans merci
Tu ne veux plus lutter à mes cotés ; bien plus, tu m'ignores ; bien pire, tu me considères en ennemi. Tu as rejeté mes alliances et repoussé mes allégeances. Te voilà maintenant comme un marchand sans acheteur. Quand nous faisions équipe, nous luttions d'abord pour ne pas manquer de vivres. Quand nous fûmes dans l'aisance et que les vivres abondèrent, nous luttions pour conquérir de meilleurs territoires.
Nous voilà, maintenant que nous sommes dans l'abondance, comme loups aux abois, face à face chacun perché sur son rocher.
Écrit par Zheu-King | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20 décembre 2009
Le panier garni
La fille du prince de T. désirait avoir pour époux un prince extravagant ; elle a trouvé un énorme panier garni tout à fait banal. La princesse désirait avoir un époux extravagant et conquérant ; elle a trouvé un énorme panier garni tout à fait banal et sans ambition.
Le filet avait été tendu pour attendre un poisson ; une oie grasse s'y est jetée dedans.
La princesse espérait avoir pour époux un prince extravagant, conquérant et gracieux ; elle a trouvé un bossu qui ne peut se courber en avant.
La princesse n'a trouvé pour époux qu'un homme généreux.
Écrit par Zheu-King | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18 décembre 2009
La porte de l'infortune
Quand j'étais dans l'aisance, et que les vivres abondaient, on me considérait comme un frère avec beaucoup d'honneurs.
Mais un jour je suis sorti par la porte qui mène à l'infortune. Je me suis installé d'abord dans la gêne puis dans la pauvreté.
Personne ne me reconnait avec mes souffrances. C'en est fait, je n'ai plus rien à attendre des hommes, c'est le ciel qui a réglé mon destin ; que puis-je y redire ? puis-je m'en plaindre ?
Quand je reviens du dehors et m'approche de la maison, toute la famille m'accable de reproches. C'en est fait. C'est le ciel qui a fixé mon sort ; pourquoi m'en plaindrais-je ?
Écrit par Zheu-King | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 avril 2009
Le loriot jaune
Un oiseau jaune, peut-être un loriot, trace dans les airs des sillons qui se croisent et s'entrecroisent, puis il se repose sur un jujubier. Qui accompagne au tombeau cet excellent homme? Il se distinguait et valait autant que cent. C'est le ciel qui nous enlève cet homme éminent. S'il était possible de le racheter, chacun de nous voudrait avoir cent vies et les donnerait volontiers pour le récupérer.
Écrit par Zheu-King | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 mars 2009
Le chariot de course
Le petit chariot de course est resplendissant. Des courroies enroulées avec grâce renforcent le timon à l'élégante courbure. Un anneau mobile doré rassemble les rênes pour en faciliter la conduite; les courroies costales tiennent à l'écart les deux chevaux extérieurs. Les extrémités des traits sont fixées à la voiture par des anneaux argentés soulignés par un galon de bronze. Dans la voiture des coussins rayés moelleux sont confortablement assortis. Le chariot est entraîné par quatre chevaux fougueux dont les robes apparaissent comme multicolores.
Les quatre chevaux sont vigoureux: six rênes sont destinées aux mains du conducteur. Les deux timoniers sont l'un gris sombre et l'autre roux; les deux chevaux extérieurs sont jaune et noir. Sur la voiture deux boucliers ornés de figures de dragons complètent sa décoration guerrière; les rênes intérieures des deux chevaux extérieurs sont fixées à l'avant du char au moyen de boucles argentées.
Les quatre chevaux munis de minces cuirasses de métal, sont attelés de front et marchent en parfait accord. Sur leur poitrail, les courroies portent des ornements ciselés.
Je pense au magnifique Prince à qui le poste de conduite est réservé. Je pense à ce seigneur : est-il doux comme le jade ou dur comme le granit pour pouvoir conduire un tel mustang ?
Écrit par Zheu-King | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


